Lectures 2014

Odd Thomas, Dean Koonz. Lu en anglais après avoir découvert un compte-rendu enthousiaste sur le blog « le rose et le noir ». J’ai bien apprécié malgré des passages un peu longuets. Quelques sourires, aussi, ce n’est pas négligeable ! Je pense que je vais lire la suite.

Le saut du requin, Romain Monnery. Ayant lu un paragraphe dithyrambique sur girls and geek, je me suis laissée tenter. Mal m’en a pris, au lieu de « punchlines qui feraient chialer ensemble La Fouine et Booba », je n’ai vu qu’une chasse à la petite phrase qui se fait au dépens de l’histoire, qui pourtant est pas mal dans son genre de romance à l’heure d’internet. Bref, une lecture hautement dispensable.

L’homme qui voulait rester dans son coin, Manou Fuentes. Trouvé parmi les livres razziés chez David. Une bonne surprise que ce premier roman truffé de citations littéraires. Une histoire un peu invraisemblable de découverte de soi-même et d’une vie terne qui prend peu à peu des couleurs.

Les gentils ne se feront plus avoir, de J.Heska Bof. Aucun style, et aucune vraisemblance. Reste des anecdotes qui m’ont mises mal à l’aise (et c’était le but, il me semble). Mais un court roman finalement peu inventif. Dommage car le titre était tout un programme.

L’épreuve. La terre brûlée, James Dashner. Deuxième tome de la trilogie du labyrinthe (commencée en décembre 2013). Ça s’essouffle, malheureusement, après un premier tome absolument tonitruant. Les (nouveaux) personnages ne sont pas approfondis, quant aux anciens, on se repose sur les acquis et ce qui leur arrive est tiré par les cheveux, sans que cela semble aussi machiavélique que dans le premier tome. Dommage, là encore.

Une part de ciel, Claudie Gallay. Ohlala, maman m’avait dit « une belle histoire ». Et moi je referme le livre avec la boule au ventre. Enfin je veux dire, c’était une belle histoire d’amitié, de comment on se remet d’une rupture, comment on tourne une page de sa vie, et finalement, l’histoire de relation frère-sœurs. Ce sont des thèmes universels et pourtant ma sensibilité fait en sorte que ce genre de livres résonne particulièrement en moi, surtout du fait que c’est très bien écrit.

La liste de mes envies, Grégoire Delacourt. Ce n’est pas très long, et tant mieux, parce que ce n’est pas très bon non plus. Mis à part l’idée des listes de besoins/d’envies/de folies. Et encore, c’est du vu et revu. Histoire cousue de fil blanc (c’est le cas de le dire), style plat. Bref, j’étais passée à côté lors de sa sortie, et je comprends pourquoi.

L’épreuve tome 3, James Dashner. Le troisième tome, lu en anglais, rehausse à peine le niveau du 2. C’est un peu simpliste, finalement, alors que le premier tome laissait présager une grande maitrise. Dommage.

La dernière conquête du major Pettigrew, Helen Simonson. Un chouette divertissement, pas trop d’humour anglais, et heureusement parce que je n’y suis pas forcément sensible. Une histoire d’amour interculturelle, mais entre des personnes relativement âgées (avec des enfants ou neveux). L’histoire se passe en Angleterre, dans la campagne mais pas trop loin de Londres, du coup c’est délicieusement exotique mais les questions de préservation de l’environnement (au sens de paysage) sont bien présentes.

The Rosie Project, Graeme Simsion. Lu sur la recommandation d’Armalite, une fois encore. Une lecture très agréable, lue en VO puisque les e-book ne coûtent vraiment rien dans cette langue, et que ça me permet de maintenir mon niveau même si je n’en ai plus d’usage professionnel.
J’ai beaucoup aimé les personnages principaux, et particulièrement le traitement de la personnalité du héros, qui écrit à la première personne et qui est d’une délicieuse étrangeté.

Naissance d’un pont, Maylis de Kerangal. wow. J’ai adoré lire ce livre, tellement que j’ai trainé exprès pour savourer la langue et le style. Il a gagné le prix Medicis en 2010 et c’était mérité. J’ai aimé les histoires des hommes qui s’entremêlent à celle du pont. J’ai aimé sa façon de parler des gens plus que du pont, les ellipses et la musicalité de la langue utilisée. Je ne suis pas sure de lire un autre roman de cet auteur qui se déroulerait sur une période plus courte, mais je suis sure de relire du Maylis de Kerangal.

Géométrie d’un rêve, Hubert Haddad. Un bouquin qu’on m’a offert en disant « j’ai pas réussi à le finir ». Et je comprends, tellement les lignes de temps sont mélangées. Tout tourne autour des histoires de cœur du narrateur et de son vieillissement avec des arcs narratifs intéressants, mais une imbrication qui rend les choses difficiles à déchiffrer et finalement, assez peu intéressantes.

Le peuple de l’eau, Pierre Bordage. C’est une relecture, en fait. Mais l’histoire est toujours aussi bonne. Bordage me fait penser à Asimov, dans la simplicité du style, avec des intrigues plus complexes et des avancées non plus liées à la science (aux sciences) comme chez Asimov, mais également sur des évolutions de l’espèce humaine elle-même. Ce monde post-apocalyptique est super intéressant, et la brève durée de l’histoire un avantage non négligeable (quelques semaines résumées en 6 tomes très courts).

Les villes de la plaine, Diane Meur. Un de mes achats du salon du livre, édité par Sabine Wespieser. Je retrouve les fulgurances de Diane Meur par instant, qui m’avaient tellement séduites dans « des vivants et des ombres ». Le mélange des arcs narratifs (passé non daté et 19e s) pimente un récit somme toute assez classique et cousu de fil blanc. Ce mélange satisfait aussi ma fâcheuse habitude de vouloir connaître la fin de l’histoire avant de l’avoir lue en entier (Brecht, je t’aime). Un bon achat qui méritait donc l’entorse à la règle du « ne pas acheter de livres papier en français pour moi ».

Divergente tome 1 et 2, Veronika Roth. J’ai beaucoup aimé cette histoire lue sur les conseils de ma soeur. Une histoire bien pensée et ficelée, originale et étrangement… plausible. J’attends le tome 3 assez impatiemment, j’avoue, même si l’histoire commence à ressembler à celle du labyrinthe…

Les derniers jours de smokey nelson, Catherine Mavrikakis. Encore un achat du salon du livre. Une œuvre chorale, où l’on suit, avec des styles différents, les derniers jours d’un condamné à mort, tel que vécu par les parents de la victime, la principale témoin, celui qui avait été accusé à tort et le condamné lui même. L’exercice est difficile, et l’histoire s’efface sous les voix des différents protagonistes, qui sont très différentes.

American Gods, Neil Gaiman. Mon premier Neil Gaiman qui ne sera sans doute pas le dernier : j’ai adoré cette histoire de combat entre nouveaux et anciens dieux, construite autour d’un héro à la personnalité « particulière » et bien marquée. J’ai souri, souvent, et me suis laissée emmener par l’histoire. Miam.

Mr Penumbra’s 24 hours book shop, Robin Sloan. Lu sur la recommandation d’Armalite, qui devient officiellement ma pourvoyeuse d’idées de lecture « contemporain/fantastique/en anglais ». J’ai adoré cette histoire, que je vais refiler à mes amis. Pourtant, je ne me suis ni identifiée ni attachée aux protagonistes (qui ne sont cependant pas antipathiques) mais l’histoire est tellement bien ficelée, avec du google et de la typographie, de l’histoire et de la science, que j’ai apprécié chaque page (électronique) de ce livre !

La couleur de l’aube, Yanick Lahens. Un achat du salon du livre, et une très bonne pioche. Deux sœurs racontent la journée qu’elles passent après avoir constaté que leur jeune frère n’est pas rentré. Cela se passe en Haïti et le roman est polyphonique et chronologique. La personnalité des sœurs ressort vraiment, ainsi que leurs rapports entre elles. Bref, une très bonne pioche.

Homo erectus, Tonino Benacquista. Rien à voir avec Saga, malheureusement. Un livre écrit « pour les filles ». Autant dire que rien que le principe me fait grogner. Maintenant c’est du Benaquista : ça se lit vite, et bien. Mais j’attends plus de Tonino !

L’île des chasseurs d’oiseaux, Peter May. Un polar recommandé par ma maman, où passé et présent se mêlent. Une belle découverte, avec une histoire remarquablement bien construite qui donne envie de retourner en Irlande et de voir les paysages des Hébrides… En prenant bien soin d’organiser son retour à l’avance.

Les trois lumières, Claire Keegan. Un achat du salon du livre, de chez Sabine Wespieser. J’ai adoré cette courte histoire d’adoption-qui-n’en-est-pas-vraiment-une. On sent le changement de sentiment chez la fillette, et toute la malveillance de l’entourage de ses parents adoptifs, mais aussi l’amour inconditionnel et irrationnel qu’on peut porter à un nouvel enfant quand on a perdu le sien. (Il me semble, je parle pas d’expérience, hein.)

Calypso de nuit, Lawrence Scott. Un régal que ce bouquin pioché au hasard dans une caisse de sortie de collection. Un pavé qui n’a pas duré longtemps, une histoire de traumatisme, et du long chemin qui commence par un drame pour finir par un presque équilibre. Et puis l’exotisme de Trinité et Tobago sur fond de seconde guerre mondiale et de qu’en-dira-t-on… Une belle découverte que cet auteur.

Divergente, tome 3, Veronica Roth. Une bonne fin pour cette trilogie, pas de happy end vraiment, mais pas non plus de vision complètement désespérée de l’avenir. Et pas gnangnan. La classe. D’autant que l’ombre du Labyrinthe s’est finalement éloignée très Etrapidement.

Les 15 premières vies d’Harry August, de Claire North. Wow. Armalite en avait parlé tout le long de sa traduction, et c’est juste génialissime comme concept : des gens qui ne meurent jamais et se réincarnent systématiquement dans leur propre temporalité, dans la même couche sociale, dans la même famille, dans la même vie. Et autour de ce principe, une vraie histoire, avec un héros et un monde complètement plausible, sans explications métaphysiques pénibles. Une des meilleures lectures de ces dernières années.

Station du cauchemar, Philip José Farmer. Alors pour le coup, c’est pas top top ce bouquin, sur un humain contaminé par un extraterrestre, qui fusionne avec lui, et l’amène à changer, à devenir… plus humain. Ecrit ou traduit avec les pieds, je ne sais pas encore.

Der geliebte der Mutter, Urs Widmer. Un bouquin suisse, pour changer, mais typiquement allemand. Une histoire de vie sans vrai propos derrière, intéressant mais sans plus. Et lire en allemand reste un plaisir que je me fais assez peu.

Odd Thomas 2 : Forever Odd, Dean Koonz.  Je crois que le charme de cette série vient du fait que je la lis en anglais. En tout cas, les aventures d’Odd et de ses talents paranormaux, associés à son sens de l’humour et à son pragmatisme, continuent à me faire sourire, même si je grince parfois des dents sur certains sujets de société.

Dans l’or du temps, Claudie Gallay. C’est du Claudie Gallay, c’est très bien écrit et ça se dévore. Mais ça s’oublie aussitôt… L’histoire d’une rencontre improbable entre une vieille femme et un homme en pleine séparation d’avec sa femme. Bref, plus convaincue par seule venise ou les déferlantes que par cet opus.

Le fleuve des dieux, Ian McDonald. Très particulier, cette lecture. J’aime pourtant les récits polyphoniques, mais là, c’est les histoires de différentes personnes qui se mélangent, sans qu’elles n’aient de voix distinctives. On est loin de la horde du contrevent ou d’un livre de vraie littérature. (Si tant est qu’il y ait une vraie littérature). C’est donc de la SF, et une fois de plus, c’est écrit ou traduit avec les pieds, avec un vieux fond d’Inde plus ou moins fantasmée derrière. Pas mémorable, donc.

Les petits hommes, Bernard Werber. Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu de Werber, et bien ça ne m’avait pas manqué, ses théories fantaisistes sur l’évolution, ses constructions pseudo-scientifiques et ses personnages cousus de fil blanc. Je garde cependant un très bon souvenir de la trilogie des fourmis, que je ne vais donc pas relire 🙂

Breakfast at Tiffany’s, Truman Capote. Alors c’est un classique et je l’ai lu en VO, autant dire que j’avais mis toutes les chances de mon côté. Et bien ce court roman a tenu ses promesses, complètement. J’avais beaucoup apprécié le film, mais le livre, qui décrit mieux le personnage de Holly, son passé et ses actions, la rend d’autant plus attachante. Quant au narrateur, il est également présenté sous un jour plus complet et plus complexe à la fois…. une bonne lecture.

Des fleurs pour Algernon, Daniel Keyes. Un livre prêté avec comme indication « j’ai adoré, mais on n’en sort pas indemne ». Je confirme être déprimée depuis que j’ai lu les derniers chapitres de cette histoire d’opération qui rend intelligent. Ce n’est pas tant la théorie sous-jacente (il serait possible d’améliorer les facultés des êtres humains) que l’aspect psychologique de l’histoire qui m’a marqué. (et qui doit marquer tous les lecteurs, en fait.) Je recommanderai moi aussi cette lecture… avec le même commentaire.

Odd Thomas 3 : Brother Odd, Dean Koonz. Les tirades sur la police-qui-fait-pas-son-travail, la peine-de-mort-qui-devrait-être-instaurée-dans-tous-les-états, l’eugénisme-qui-n-est-pas-bien, etc. m’ont saoulée. Mais j’aime bien le héros, et les descriptions qu’il fait de ce qui lui arrive. Le tome 4 est dans la liseuse, mais je ne suis pas sure que ce sera mon prochain livre lu.

Das Glasperlenspiel, Hermann Hesse. Ohlala, ce livre… Un régal de chaque phrase. Un classique complètement justifié. Un livre qu’on prend son temps pour savourer. L’histoire ne paye pas de mine, c’est une biographie fictive d’un « maitre du jeu ». Mais le concept du jeu lui-même, qui sous-tend une organisation de la société basée sur un concept qui allie toutes les formes d’art, est passionnant.

La route du haut safran, Jasper Fforde. Prêté par Anne et Noé, un chouette bouquin qui débute une trilogie. Le monde post truc-qui-s’est-passé ne vaut pas celui de l’affaire Jane Eyre, mais est cependant assez riche pour me donner envie de lire le 2e tome ! Un bon roman divertissant, qui donne envie d’en lire plus sur cette société basée sur la gamme chromatique discernable par ses membres. L’occasion aussi de réviser ses nuances de couleurs, ce qui n’est pas une manière désagréable d’élargir son vocabulaire.

1913, der Sommer des Jahrhunderts, de Florian Illies. Un livre offert par Maike, extrêmement bien écrit, de manière claire et limpide avec de courts chapitres qui suivent les personnages très célèbres de leur temps, notamment les artistes (Kokoschka, Jünger,  Kafka, etc.) mais également les débuts de la psychanalyse avec Freud et Jung, les avancées de la médecine (Schweitzer). Le portrait de cette année est très vivant, structuré par mois et très « personnel ». Mais c’est vraiment un portrait allemand, (ou du moins de la sphère germanophone) et l’on peine donc, en refermant le livre, à s’imaginer comment cet écosystème va sombrer dans la guerre.

A prayer for Owen Meany, de John Irving. Même en anglais, je sens la particularité de l’écriture d’Irving, dans la construction magistrale de l’histoire, dans le fait qu’on n’a rien à attendre de « la fin », pas de dénouement fantastico-invraisemblable. Un vrai régal donc que ce bouquin, que j’ai pris mon temps pour lire… Histoire de finir novembre en beauté.

La forêt des Mânes, de Jean-Christophe Grangé. Il en faut bien un par an, de ces thrillers vite lus qui ne prétendent pas être autre chose. Celui là ne restera pas dans mes annales personnelles.

Le monde inverti, de Christopher Priest. Il semblerait que c’est un classique de la science fiction, et c’est sans doute la partie « science » que j’ai eu du mal à comprendre. Je ne suis d’ailleurs pas sure d’avoir tout compris… Mais l’histoire est intéressante, j’aime bien le concept des villes sur rails (ce n’est pas pour rien que j’ai dévoré la compagnie des glaces !). Bref, je vais relire cet auteur, en espérant que les fondements des mondes décrits me soient moins imperméables que dans ce livre.

Ubik, de Philip K. Dick. Encore un classique, mais là, la raison est censée carrément abandonner la partie. Reste une histoire avec mise en abyme, très bien écrite/traduite avec des concepts intéressants (la semi vie, notamment). Reste un énorme point d’interrogation à la fin.

Le jeu de l’assassin, d’Amy Raby. Une très chouette découverte fantasy découverte via l’opérationn 1000K de Bragelonne. L’histoire est bien écrite et plausible avec des personnages moins superficiels que ce que nous réservent traditionnellement les ouvrages de ce type en un seul tome. Mais du coup, il reste plein de places pour d’autres histoire dans ce monde où existent sorts et guérisseurs tout en ayant un fond crédible.

House of cards, de Michael Dobbs. Déçue par ce bouquin dont j’attendais sans doute plus de machiavélisme… Personnages peu attachants et société très vieux jeu, j’ai trouvé. Mais cela se veut un portrait réaliste du microcosme politique de l’Angleterre post thatcherienne, et en cela peut-être est-ce réussi.

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